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C’est l’histoire d’un trouble du déficit de l’attention (TDA/TDAH)

Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est une condition neuro-développementale complexe, présent depuis l’enfance, (avant 7 ans) qui associe des symptômes liés à des dysfonctions ou à une pauvre maturation des lobes frontaux. Il implique une fréquence et une sévérité accrues de symptômes d’inattention ou d’hyperactivité-impulsivité. Présent depuis l’enfance, ce syndrome compromet le bon fonctionnement du sujet, qu’il s’agisse d’un enfant ou même d’un adulte.

Les difficultés liées au TDAH trouvent leur origine principalement dans les lobes frontaux où l’activité cérébrale se trouve diminuée (dopamine, noradrénaline), mais aussi dans certaines régions plus profondes et connectées, dont le striatum qui semble fonctionner de manière inefficace. Les lobes frontaux s’avèrent particulièrement importants, puisqu’ils reçoivent un nombre élevé de signaux en provenance de différentes régions du cerveau, pour ensuite les renvoyer et assurer une bonne gestion des ressources cognitives. On peut penser des lobes frontaux comme d’un chef d’orchestre, qui tente de diriger de manière efficace chacun des instruments de son groupe; or un maestro à bout de ressources ne saura pas bien gérer ses musiciens en unisson. Il en va donc de même dans le cerveau, alors que les lobes frontaux, gestionnaires du cerveau et de l’attention, peinent à assurer la gestion des ressources et la transmission efficace d’information d’une région du cerveau à une autre.

En effet, parce que l’attention est constamment sollicitée dans notre quotidien, le TDAH perturbe le fonctionnement cognitif d’un individu dans différentes sphères de sa vie : par exemple les apprentissages scolaires et études universitaires qui demandent de bonnes aptitudes d’écoute, d’observation et de concentration sur de longues périodes de temps ; la sécurité et l’efficacité au travail qui nécessitent une bonne vigilance et attention aux détails ; la gestion des finances, qui requièrent de bonnes capacités de planification et d’organisation du temps ou des ressources ; les relations sociales, interpersonnelles et la dynamique familiale déstabilisées par une mauvaise gestion des émotions, des agissements et des paroles ; une baisse d’estime de soi, l’apparition de sentiments d’incompétence ou d’impopularité, etc.

 

Manifestations courantes TDA/H

Le TDAH est associé à différents symptômes, les plus souvent rapportées ou observées :

  • Difficultés scolaires comme en compréhension de textes ou en résolutions de problèmes
  • Difficultés à suivre des consignes et des instructions
  • N’arrive pas à bien réaliser un travail en plusieurs étapes
  • Oublie ou perd ses effets personnels
  • Rappels et répétitions nécessaires
  • Mauvaise conscience du temps
  • Agitation, rempli d’énergie, besoin de bouger ou de manipuler des objets.
  • N’arrive pas à terminer ses tâches, change souvent d’activité et cherche des stimulations
  • Coupe la parole, agit brusquement et impulsivement
  • Parle beaucoup et passe d’un sujet à un autre
  • Irritable et peut céder à la colère
  • Difficulté à suivre des conversations en milieu public
  • Difficultés sociales en raison du comportement ou de l’isolement
  • Rêveur et dans la lune, n’arrive pas à se concentrer longtemps
  • Facilement distrait, inefficace, perd son temps et procrastine
  • Prend beaucoup de temps pour terminer une tâche ou un examen
  • Souvent dernière minute ou en retard
  • Difficultés à réaliser deux choses en même temps
  • Désorganisé, n’arrive pas à bien se structurer
  • Mauvaise planification et estimation du temps ou de l’effort requis
  • Découragement et abandonne vite devant l’effort ou le défi
  • Faible estime de soi
  • Comportements à risque chez l’adolescent-adulte

SOUS-TYPES DU TDAH

Le DSM-V classifie le TDA/H en trois différents sous-types: les sous-types inattentif, hyperactif-impulsif et mixte. Un quatrième sous-type (Sluggish Cognitive Tempo) est en train d’apparaitre dans la littérature, mais pas officiellement reconnu.

1) Le TDA à prédominance inattentive (TDA) chez les personnes qui présentent les comportements suivants (six critères pour l’enfant, cinq pour l’adulte):

  • prêtent peu d’attention aux détails et commettent des fautes d’étourderie                     
  • présentent des difficultés à soutenir leur attention
  • ne semblent pas écouter quand on leur parle directement
  • ont des difficultés à planifier ou à organiser leurs travaux
  • perdent des objets ou des possessions régulièrement
  • oublient des objets, des consignes ou des faits
  • deviennent facilement distraits par des stimuli
  • évitent des tâches ou les complètent à contrecœur, surtout si un effort mental est requis

2) Le TDA à prédominance hyperactive-impulsive (TDAH) chez les personnes qui présentent les comportements suivants (six critères pour l’enfant, cinq pour l’adulte):

  • remuent les mains ou les pieds et bougent souvent dans leur siège.                     
  • se lèvent quand ils doivent rester assis
  • courent et grimpent partout, ou paraissent fébriles et impatients
  • ont du mal à se tenir tranquille à l’école, au travail ou lors de loisirs
  • paraissent survoltés, regorgent d’énergie
  • parlent souvent trop
  • répondent avant que les questions ne soient terminées
  • présentent des difficultés à attendre leur tour
  • interrompent autrui ou imposent leur présence

3) Le TDA à prédominance mixte chez ceux qui présentent à la fois des symptômes d’inattention et d’hyperactivité-impulsivité si:

  • six critères du sous-type inattentif et six du sous-type hyperactif-impulsif sont présents chez un enfant
  • cinq critères du sous-type inattentif et cinq du sous-type hyperactif-impulsif sont présents chez un adulte

 

L’APPORT DE LA NEUROPSYCHOLOGIE

Il n’est pas toujours facile de reconnaître un TDA, parce qu’il partage plusieurs symptômes avec d’autres affections comme la dépression, l’anxiété, le trouble du spectre de l’autisme, la dysphasie, le syndrome de dysfonction non-verbale, la déficience intellectuelle, la douance, le traumatisme crânien, le syndrome Gilles de la Tourette… Bon nombre de ces conditions donne l’impression qu’une personne présente de l’inattention, des difficultés à se concentrer ou de l’impulsivité, mais un mauvais diagnostic peut arriver sans une évaluation précise et approfondie. Dans d’autres cas, la symptomatologie liée au sous-type inattentif n’est parfois pas assez sévère ou observable, ce qui fait que les difficultés passent parfois inaperçues.

L’évaluation neuropsychologique permet de départager quelles difficultés découlent de quelle condition, en vue d’un profil de forces et de faiblesses de l’individu. C’est en vérifiant les facettes du fonctionnement cognitif (attention, mémoire, langage, apprentissages, fonctionnement exécutif, motricité, perception, intelligence, pensée et sémantique, raisonnement, etc.) que certaines hypothèses seront écartées.

Un diagnostic précis et détaillé des forces et des faiblesses d’une personne atteinte d’un TDAH permet alors de mettre en place des solutions adaptées, capables de la guider vers un meilleur fonctionnement et une meilleure qualité de vie.